Mon Voyage au Canada

Le journal de bord de Nico & Tom

Première urgence

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Mercredi 4 février 2009,

Depuis le début de la semaine, le temps est au beau fixe. Un soleil généreux offre des rayons froids à la région de Montréal.
Il est prévu que nous volions tôt ce matin pour bénéficier des meilleurs conditions météo. En effet, il n'est pas rare de voir le ciel se couvrir dans la matinée pour laisser la place à des voiles de nuages.

Jérôme nous a réservé 2 hélicos pour ce matin: HGL pour un vol en double Nico + Jéjé et FIDI pour un vol en solo pour Tom.
Nous préparons les machines en faisant la <a href="http://www.nicotom.com/index.php?id=13">DI</a>, en vérifiant les papiers et en faisant le plein des réservoires.

Une fois tout en ordre, c'est enfin le moment du Run-up et du décollage.
Je vais attendre que Tom décolle pour mettre mon moteur en route.
Il fait la mise en route en suivant scrupuleusement la check list.
Les tests des magnétos sont effectués et Tom enregistre bien une perte de 7% en 2 secondes dans le régime moteur pour chaque magnéto.
Après quelques minutes de chauffe, il est temps de mettre la pleine puissance pour le décollage.
Ca y est !

Il est 8h34 quand les patins de FIDI quittent le sol dans un mouvement parfaitement maîtrisé.
Tom fait les dernières vérifications et peut se retourner pour le départ.

8H35 - Alors que Tom est en stationnaire et s'apprête à s'envoler, il remarque une brutale perte de puissance du moteur du R22 accompagnée de vibrations inhabituelles.
Sans perdre de temps, il entame la procédure permettant un attérissage sécurisé lors d'une perte de puissance en stationnaire et se pose en douceur.

Toutes les personnes présentes devant les hangars remarquent que quelque chose ne va pas. En effet, il n'est pas normal d'interrompre un décollage de la sorte.
Après quelques secondes d'incertitude, Tom réduit le régime moteur et appelle Jérôme en faisant clignoter le phare d'atterrissage.

8H37 - Guy, le chef mécano, rejoint l'hélicoptère et emet l'hypothèse que le problème vient des magnétos ou des bougies. <i>La magnéto est un élément du moteur qui permet d'envoyer l'information d'allumage aux bougies au bon moment. Les bougies permettent de faire des étincelles au niveau des têtes de cylindre pour provoquer l'explosion du mélange air/essence.</i>

Le vol est alors annulé.

Immédiatement, nos trois mécanos se mettent à pieds d'oeuvre sur FIDI pour la remettre en état. Il faudra une bonne matinée pour changer les pièces brisées et faire les tests nécessaires <a href="http://www.nicotom.com/index.php?unmedia=154"><u>(voir la vidéo)</u></a>
Une question trotte quand même dans tous les esprits :
Le R22 possède 2 magnétos. Au cas ou l'une cesserait de fonctionner, la seconde prendrait immédiatement le relai et celà de façon quasi transparente pour le pilote.
Pourquoi, lors de la panne, y a-t-il eu une telle perte de puissance ???

L'étude des deux magnétos et de l'ensemble de la chaîne d'allumage montrera que, en cassant, la magnéto de droite a endomagé deux bougies du moteur dont une totalement. Le moteur ne fonctionnait plus que sur 3 cylindres au lieu de 4.

En outre, l'étude précise de la magnéto fera apparaître une sérieuse détérioration d'une roue dentée servant au calage du timing moteur. En effet, la perte de plusieurs dents ainsi que le limage de plusieurs autres ont complètement décalé l'information envoyée par la magnéto aux bougies. Du coup, les bougies reliées à cette magnéto ne faisaient pas leur étincelle au bon moment et condamnaient l'efficacité des cylindres correspondants.

J'ajoute à cela que cette panne est le résultat plus ou moins direct d'un overspeed moteur. Guy nous a bien expliqué que la roue dentée n'aurait jamais cassé sans overspeed.

Pour récapituler:
<table><tr><td width=20></td><td>
-> overspeed
-> casse de la roue dentée
-> décalage du timing de la magnéto
-> détérioration des bougies
-> grosse perte de puissance puisque le moteur ne tourne que sur 2 ou 3 cylindres
-> grosses vibrations puisque le moteur est déséquilibré</td></tr></table>

Je terminerai en disant que cette panne n'aurait pas été fatale pour Tom si elle s'était produite plus loin et plus haute mais qu'elle aurait été beaucoup plus délicate à gérer. Tom aurait peut-être testé une vraie autorotation, se serait posé dans un champ en tirant toute la puissance possible et aurait appelé de l'aide par radio.

En tout cas, bravo Tom ! Tu as réagis comme il le fallait ! ;)

Nico

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